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Les enfants et les adultes atteints d’un
trouble envahissant du développement (TED) doivent relever
divers défis, notamment :
- des difficultés d’interaction sociale;
- des troubles de la communication verbale et non verbale;
- des difficultés d’apprentissage (dans les classes
régulières);
- des comportements répétitifs;
- des activités et des intérêts inhabituels
ou fortement restreints.
En général, les personnes atteintes d’un TED
ont du mal à communiquer en respectant les usages courants.
Elles ont aussi de la difficulté à comprendre les
conventions sociales. Il leur arrive donc de réagir de façon
surprenante à des situations quotidiennes et à des
changements de contextes.
La gravité de l’autisme varie beaucoup.
Une personne atteinte de la forme la plus grave aura des comportements
extrêmement répétitifs ou inhabituels, par exemple
de l’agressivité et de l’automutilation. Si elle
n’obtient pas une intervention intensive et appropriée,
ses comportements pourront devenir très tenaces, donc difficiles
à modifier. Vivre ou travailler avec une personne gravement
atteinte pose d’énormes défis. Il faut faire
preuve d’une grande patience et bien comprendre les TED. Une
personne atteinte de la forme la plus légère d’autisme
aura des comportements qui ressemblent davantage à une différence
de personnalité. Cela vient du fait qu’elle comprend
difficilement les conventions sociales.
L’individualité
L’autisme se manifeste de nombreuses façons.
Même s’il existe des caractéristiques communes,
une personne atteinte ne les aura pas toutes. De plus, le degré
de gravité varie beaucoup d’une personne à
l’autre. |
Les enfants atteints d’un
TED se développent différemment et à un rythme
différent des autres enfants de leur âge en
ce qui concerne le langage, les capacités motrices, intellectuelles
et sociales. Ils peuvent accomplir sans problème des tâches
exigeant des compétences avancées ou complexes comme
les calculs mathématiques, mais avoir beaucoup de difficulté
à faire des tâches « simples » comme parler
ou nouer des relations d’amitié. Certains enfants atteints
ont un vocabulaire développé et lisent des mots de
plusieurs syllabes, mais ils sont incapables de former le son d’une
lettre individuelle. Ils peuvent acquérir de nouvelles habiletés,
par exemple apprendre beaucoup de mots, mais perdre ces habiletés
par la suite.
Une gamme de déficiences et d’habiletés
particulières
Interactions sociales :
- Certaines personnes atteintes d’un TED préfèrent
être seules et elles ne montrent aucun intérêt
pour les autres. Elles peuvent ne prêter aucune attention
quand on leur parle.
- D’autres ont parfois des façons étranges
d’interagir avec les autres. Elles peuvent être très
intéressées, mais ne pas savoir comment parler,
jouer ou entrer en relation. D’ailleurs, les personnes atteintes
d’un TED ont souvent de la difficulté à «
s’intégrer » parce qu’elles ont du mal
à « décoder » ou à comprendre
les comportements d’autrui. Les adultes qui ont des troubles
de la communication vivent beaucoup de stress dans les situations
d’interaction sociale.
- Les enfants atteints d’un TED ont tendance à ne
pas interagir avec les jeunes de leur âge. Ils peuvent préférer
la compagnie des adultes.
- Certaines personnes atteintes n’établissent aucun
contact visuel ou elles réagissent moins au contact visuel.
Elles ont tendance à regarder les gens de biais plutôt
que directement.
- Elles ne réagissent ni aux sourires ni aux expressions
faciales ou elles ne les comprennent pas.
- Certaines personnes atteintes d’un TED trouvent tout contact
physique douloureux ou bouleversant; elles ont donc tendance à
se tenir à l’écart de leur famille. Les enfants
atteints peuvent refuser de se faire bercer ou cajoler ou accepter
seulement certaines caresses.
- Les personnes atteintes ont souvent du mal à parler de
leurs sentiments ou à comprendre les sentiments des autres.
- La difficulté des personnes atteintes à contrôler
leurs émotions et leur enthousiasme nuit parfois aux interactions
sociales.
Communication verbale et non
verbale :
Le développement du langage et de l’expression
orale peut s’amorcer, puis s’arrêter ou se faire
très lentement ou encore ne jamais se produire. S’ils
ne profitent pas d’une intervention précoce, intensive
et appropriée, environ 40 % des enfants atteints ne parleront
pas.
- Certaines personnes atteintes communiquent par des gestes comme
pointer du doigt ou tendre la main au lieu d’utiliser des
mots.
- Elles peuvent trouver difficile, voire impossible d’imiter
les sons et les mots.
- D’autres souffrent d’écholalie, c’est-à-dire
qu’elles répètent ce qu’elles ont entendu.
Par exemple, si vous demandez : « As-tu froid ? »,
elles diront « As-tu froid ? » au lieu de répondre
à la question. Les mots sont répétés
tout de suite ou beaucoup plus tard et ensuite sans arrêt.
Parfois, les personnes atteintes répètent une phrase
entendue à la télévision ou dans le passé.
- Les mots peuvent aussi être utilisés dans un sens
inhabituel. Par exemple, certaines personnes atteintes d’un
TED confondent le masculin avec le féminin et disent «
il » au lieu d’« elle » ou l’inverse.
Il leur arrive de mêler les pronoms personnels (je, moi,
toi).
- Parfois, les personnes atteintes ne comprennent pas les gestes
de communication non verbale, comme faire au revoir de la main,
ou les expressions faciales.
- Elles s’expriment d’une voix monotone et semblent
incapables de contrôler le volume des sons produits. Quand
elles parlent, elles ont donc souvent un ton étrange et
un rythme inhabituel.
- Certaines personnes atteintes d’un TED ont beaucoup de
difficulté à amorcer et à soutenir une conversation.
Elles peuvent se tenir trop près des gens avec lesquels
elles parlent. Certaines s’expriment bien et ont beaucoup
de vocabulaire, mais elles ont du mal à écouter
les autres. Elles peuvent parler longuement des sujets qui les
passionnent au lieu d’avoir un échange.
Répertoire restreint et
inhabituel de comportements, d’intérêts et de
routines :
- Les personnes atteintes d’un TED ont parfois des gestes
répétitifs et ritualisés comme tournoyer,
se bercer sans arrêt, fixer du regard, battre des mains,
se frapper, etc.
- Elles sont parfois hyperactives ou très passives. Elles
manifestent parfois une très forte angoisse ou une absence
inhabituelle d’angoisse. Parce qu’elles sont incapables
de comprendre le monde qui les entoure, elles ressentent souvent
de l’angoisse, de la peur et de la confusion.
- Elles peuvent prendre des risques inhabituels et ne montrer
aucune peur des dangers réels.
- Elles ont souvent une posture, une démarche ou des mouvements
étranges.
- Certaines personnes atteintes d’un TED tiennent férocement
à des routines et résistent à tout changement
pour ne pas avoir de surprises. Même de légers changements
dans l’environnement ou la routine quotidienne, que la plupart
des gens gèrent bien, leur causent parfois une grande détresse.
Elles peuvent ainsi avoir de la difficulté à mettre
leurs vêtements dans un ordre différent, à
se rendre à l’école en suivant un nouveau
trajet ou à voir des personnes inconnues.
- Les personnes atteintes peuvent avoir des intérêts
restreints et des comportements apparemment bizarres : elles deviennent
obsédées par une chose, une idée, une activité
ou une personne. Elles ont parfois des habitudes et des intérêts
inhabituels ou inappropriés socialement.
Réactions sensorielles
:
- Les personnes atteintes d’un TED ont parfois du mal à
traiter les informations sonores et visuelles. Les stimulations
sensorielles qu’elles reçoivent peuvent se brouiller
et devenir accablantes. Les personnes atteintes ont des problèmes
sensoriels plus ou moins graves avec des zones de forte sensibilité
ou de faible sensibilité.
- Une hypersensibilité de l’ouïe, de la vue,
du toucher, du goût et de l’odorat peut leur causer
de la douleur. Les personnes atteintes ont donc parfois de la
difficulté à supporter des sons aigus intermittents
comme l’avertisseur d’incendie ou la cloche de l’école.
Elles peuvent être incapables de tolérer des tissus
rugueux. Certaines sont très sensibles au clignotement
des lumières fluorescentes. Les troubles sensoriels peuvent
toucher un ou plusieurs sens et entraîner une ou plusieurs
réactions.
Certaines personnes atteintes d’un
TED ont une forte résistance à la douleur (elles y
sont insensibles). D’autres ont un seuil de douleur très
peu élevé.
Quelques troubles associés :
Beaucoup de personnes atteintes d’un TED ont d’autres
troubles associés, par exemple :
- des troubles neurologiques, y compris l’épilepsie;
- des problèmes gastro-intestinaux parfois graves;
- des déficiences du système immunitaire;
- des déficiences de la motricité fine et de la
motricité globale;
- de l’anxiété et de la dépression.
Impacts des TED sur l’apprentissage
:
Beaucoup de caractéristiques des TED empêchent
les personnes atteintes d’apprendre par des méthodes
éducatives courantes. Voici certaines de ces caractéristiques
:l’absence de jeu spontané ou imaginatif, p. ex. utiliser
seulement des pièces des jouets, aligner ou empiler des objets,
ou encore l’absence de jeu créatif (faire semblant);
- l’incapacité d’imiter les autres, p. ex.
reproduire les sons, les gestes, les mouvements globaux ou fins,
etc.;
- l’incapacité de se concentrer sur une tâche;
certaines personnes atteintes ont un temps d’attention très
court ou elles se concentrent sur une seule chose de manière
obsessive;
- la difficulté à partager l’attention avec
d’autres;
- la difficulté à comprendre les idées abstraites,
p. ex. utiliser des objets ou des jouets pour représenter
de vrais objets;
- la difficulté à saisir le concept du temps et
l’ordre des événements.
| « Des individus autistes doués
peuvent parvenir à des postes importants et obtenir des
succès si remarquables que l’on pourrait en conclure
qu’elles seules sont capables de certaines réalisations
», écrivait le Dr Hans Asperger en 1944. |
Habiletés particulières
Les personnes atteintes d’un TED ont des forces et des
habiletés particulières :
- Certaines peuvent retenir des informations d’une manière
exacte et détaillée; elles ont une mémoire
visuelle poussée et une étonnante capacité
de manipuler des données à des fins utiles.
- Elles arrivent à se concentrer longtemps sur certaines
tâches ou certains sujets et s’attardent beaucoup
plus aux détails que la plupart des gens.
- Les personnes atteintes ont parfois des capacités exceptionnelles
en ce qui concerne la perception spatiale et la mémoire
à long terme. Elles peuvent ainsi exceller dans les domaines
de la musique, des mathématiques, de la physique, de la
mécanique, de l’architecture, des sciences et des
technologies.
Quelle différence y a-t-il entre
le syndrome d’Asperger et l’autisme ?
En 1944, le psychologue autrichien Hans Asperger a été
le premier à identifier le syndrome qui porte maintenant
son nom. C’est toutefois seulement en 1994 que l’Association
américaine de psychiatrie a inscrit ce trouble dans le Diagnostic
and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-IV). Pendant
des années, des personnes atteintes du syndrome d’Asperger
ont donc reçu un mauvais diagnostic ou elles n’en ont
reçu aucun. Plus récemment, on a reconnu l’existence
du SA. Par conséquent, on note une très forte augmentation
du nombre de personnes qui ont reçu un diagnostic de SA en
Amérique du Nord.
- Le SA est souvent considéré comme un type d’autisme
de haut niveau. Il existe une certaine controverse clinique à
savoir s’il s’agit d’une forme moins grave du
trouble autistique ou d’un trouble distinct. Peu de recherches
ont été consacrées aux personnes atteintes
du SA.
- Le SA est souvent reconnu et diagnostiqué plus tard dans
la vie. Il est généralement dépisté
après 3 ans quand l’enfant fréquente l’école.
Le diagnostic vient parfois beaucoup plus tard, à l’adolescence
ou même à l’âge adulte.
- Bien des personnes atteintes du SA veulent avoir des amis, mais
elles n’ont pas acquis les aptitudes sociales nécessaires
pour établir ou entretenir des liens d’amitié.
- La socialisation réciproque et la communication reposent
sur des règles implicites, par exemple le langage corporel,
les codes de distance à respecter, les expressions faciales
et l’humour ou les messages abstraits. Ces règles
que la plupart d’entre nous tiennent pour acquises peuvent
être très difficiles à comprendre.
- Les personnes atteintes du SA sont incapables de faire preuve
de réciprocité, d’écouter les réflexions
des autres ou de comprendre leurs sentiments. Elles ont donc de
la difficulté à se faire des amis et/ou à
les conserver.
- Les personnes atteintes du SA peuvent interpréter les
choses très littéralement et respecter très
rigidement des règles ou des habitudes. Souvent, elles
adoptent des comportements et des rituels qu’elles suivent
de façon immuable. Leurs activités et leurs intérêts
peuvent être restreints. De légers changements dans
l’environnement, la routine ou les attentes leur causent
parfois une grande détresse. Le contact avec une foule
ou des étrangers peut aussi les bouleverser.
- En général, les personnes atteintes du SA ne présentent
aucun retard de développement en ce qui concerne l’apprentissage
et les facultés cognitives. Elles peuvent même avoir
des capacités intellectuelles au-dessus de la moyenne.
Même si elles ont parfois un langage maniéré,
elles n’ont aucun retard dans ce domaine. Souvent, elles
arrivent à lire sans difficulté et elles possèdent
un vocabulaire développé pour leur âge. Cependant,
elles ont du mal à comprendre les codes sociaux du langage
et la communication non verbale.
- Certaines personnes atteintes du SA ont une capacité
remarquable en ce qui concerne l’usage machinal de la mémoire
et elles font preuve d’un intérêt obsessif
et/ou d’une créativité inhabituelle. Si elles
ont assez d’encouragements et d’occasions de développer
leurs habiletés particulières, elles pourront acquérir
une expertise poussée et réaliser de grandes choses.
L’histoire est d’ailleurs remplie de penseurs, de
mathématiciens et de musiciens remarquables que l’on
soupçonne d’avoir eu le syndrome d’Asperger.
Pour
en savoir plus sur les ressources pour les personnes atteintes du
SA…
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