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Le rôle des gouvernements
La Société canadienne de l’autisme
appuie l’accès universel aux traitements scientifiques
reconnus pour les personnes atteintes d’un trouble envahissant
du développement (TED), quel que soit leur âge.
Les gouvernements doivent éviter de faire de la discrimination.
Ils doivent financer les traitements scientifiques efficaces et
récents que recommande l’équipe médicale
de la personne atteinte.
Les personnes
atteintes et leurs familles ont besoin que le gouvernement du
Canada assume un rôle de chef de file par rapport aux
TED. Il doit notamment :
augmenter le financement versé aux provinces
et aux territoires pour fournir gratuitement aux personnes
atteintes d’un TED des traitements essentiels, des services
d’éducation, de la formation professionnelle
et des mesures de soutien;
mandater l’Agence de santé publique du Canada
pour qu’elle fasse de l’autisme une priorité
nationale en établissant des mécanismes de surveillance
et de reddition de comptes, ainsi que des normes nationales
pour la prestation des traitements et des services;
attribuer à des organismes canadiens de financement,
comme les IRSC, des fonds considérables et ciblés
pour la recherche sur les TED;
améliorer le soutien, financier et autre, accordé
aux personnes atteintes d’un TED et à leurs familles
par le système fédéral de l’impôt
et de l’emploi;
constituer un comité parlementaire sur l’autisme
avec des membres de tous les partis politiques. |
Quels sont les besoins ?
Il faut :
Un meilleur dépistage des TED, car il n’y a pas encore
de dépistage universel au Canada;
- un diagnostic précis et rapide ainsi qu’une évaluation
complète de tous les aspects de la maladie qu’établissent
des professionnels spécialisés dans le diagnostic
des TED chez les enfants et les adultes;
- un accès universel à des traitements scientifiques
reconnus, peu importe l’âge ou la capacité
de payer; des traitements pour répondre aux besoins éducatifs
et pour atténuer les handicaps moteurs ou physiques, les
troubles du comportement ou de la communication sont tous essentiels;
il s’agit entre autres d’interventions pour améliorer
les comportements, l’autonomie et les aptitudes sociales,
mais aussi de services d’orthophonie, de physiothérapie
et d’ergothérapie, de services médicaux spécialisés
et d’aide pharmacologique;
- du soutien pour faciliter l’intégration dans la
communauté, y compris des enseignants et des aide-enseignants
spécialisés dans divers domaines, notamment : l’éducation
des personnes autistes; la formation et le soutien pour la carrière
et la profession; l’aide à la vie autonome; le soutien
professionnel pour l’intégration dans le milieu de
travail et la communauté;
- des mesures de soutien pour les dispensateurs de soins, y compris
des services de répit, de la formation et de l’aide
pour les familles, du soutien pour les frères et soeurs,
et de l’aide pour la planification à long terme;
- davantage de fonds et de soutien pour la recherche sur l’autisme.
| La SCA travaille à faire en sorte que toutes
les personnes atteintes d’un TED aient accès à
des traitements scientifiques reconnus et à d’autres
services nécessaires. Le droit de choisir une
méthode de traitement est fondamental; il faut toutefois
offrir des services pour assurer cette possibilité de
faire un choix. |
Les obstacles nuisant à l’accès aux traitements
- L’absence de diagnostic et d’évaluation
À l’heure actuelle, il n’y a pas de dépistage
universel de l’autisme au Canada. Pour obtenir un diagnostic,
il faut attendre de 3 à 24 mois pour les enfants d’âge
préscolaire et parfois plusieurs années pour les
jeunes. On note un nombre croissant de jeunes et d’adultes
qui ont reçu un diagnostic inexact. À certains endroits,
on évalue divers aspects des TED, notamment les troubles
d’apprentissage, de la communication et du développement
moteur. On évalue toutefois plus rarement les problèmes
médicaux ou les autres troubles physiques associés
à l’autisme. Autres
informations..
- Un manque de programmes pour les tout-petits et les enfants
d’âge scolaire
Partout au Canada, beaucoup de familles sont incapables d’obtenir
des programmes d’analyse comportementale appliquée
(ABA) ou d’intervention comportementale intensive (ICI)
entièrement couverts par les assurances, même lorsqu’il
y a des fonds prévus à cette fin. La Saskatchewan,
les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ne versent aucun fonds
publics pour les traitements d’ABA ou d’ICI. La Colombie-Britannique,
le Manitoba, l’Ontario, le Québec et l’Île-du-Prince-Édouard
ont de longues listes d’attente pour ces traitements; certaines
fixent un âge limite. Souvent, les enfants ont dépassé
cet âge lorsqu’ils peuvent enfin obtenir l’accès
aux traitements.
Seuls la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Île-du-Prince-Édouard,
l’Alberta et le Yukon financent des programmes d’ABA
ou d’ICI pour les enfants d’âge scolaire. L’Île-du-Prince-Édouard
procède toutefois à un examen des ressources des
familles pour limiter l’accès. Les familles doivent
souvent s’adresser au secteur privé pour obtenir
les programmes d’ABA. Celles qui vivent dans les régions
rurales doivent, de surcroît, trouver des fournisseurs qui
acceptent de voyager ou alors assurer eux-mêmes le transport
de leur enfant, voire déménager dans un plus grand
centre où il pourra recevoir les traitements.
Les programmes préscolaires durent en moyenne 20 heures
par semaine; ils ne répondent donc pas au critère
minimum des 25 heures d’intensité recommandées
dans les recherches. Pour la plupart des programmes, les fonds
sont versés aux individus. Les familles doivent ainsi
embaucher des thérapeutes (qui, souvent, ne sont pas
entièrement formés) et, parfois, des consultants
(dont la formation varie). Certains programmes comptent des
consultants formés en ACA, mais ce n’est pas le
cas pour la plupart d’entre eux.
- Le fardeau de la preuve
Les provinces considèrent que l’assurance-maladie
devrait couvrir uniquement les traitements médicaux traditionnels.
Pourtant, les médecins recommandent de nombreux autres
services qui sont couverts par cette assurance, mais dispensés
par d’autres professionnels de la santé formés
et reconnus.
Les enfants et les adultes atteints d’une forme incapacitante
d’autisme ne peuvent pas attendre que des recherches expliquent
toutes les causes de l’autisme et proposent des traitements
absolument parfaits. Sinon, cela reviendrait à dire qu’il
ne faudrait plus offrir aucun traitement pour les maladies du
coeur tant qu’il n’y aura pas de consensus sur toutes
leurs causes possibles. Pour la plupart des gens, cette façon
de penser est inacceptable.
Il existe certainement assez de recherches largement reconnues,
évaluées par les pairs, qui signalent des méthodes
efficaces permettant aux personnes atteintes d’un TED de
faire des progrès notables dans de nombreux domaines. La
SCA pense que refuser d’appliquer cette connaissance pour
offrir des traitements efficaces c’est agir de manière
irresponsable tant du point de vue moral que financier. Des tribunaux
partout au pays ont d’ailleurs adopté, eux aussi,
cette perspective.
- Le manque de formation pour les professionnels
Il y a un nombre très restreint de professionnels qualifiés
pour dispenser des traitements efficaces pour l’autisme.
La formation professionnelle offerte en médecine, en santé,
en éducation et en travail social ne comprend pas encore
d’informations sur les traitements adéquats pour
les TED. D’ailleurs, les organismes professionnels dans
ces domaines n’exigent pas d’agrément ni de
permis spécifiques à cet égard.
Au Canada, depuis quelques années, plusieurs collèges
et universités ont compris l’importance d’offrir
une formation sur l’ABA. (Voir les
Ressources pour les professionnels : Éducation et formation)
Néanmoins, beaucoup de familles qui tentent d’obtenir
des traitements pour leurs proches atteints d’un TED doivent
souvent sortir de leur région pour trouver un professionnel
reconnu en ABA; elles doivent alors assumer les frais de déplacement
et de consultation, offrir de la formation et assurer la supervision
d’un programme d’ABA.
- L’ignorance des coûts-avantages
L’ABA est le seul traitement pour lequel des études
sur le rapport coûts-avantages ont démontré
une réduction d’au moins la moitié des frais
nécessaires pour soutenir une personne atteinte d’un
TED durant toute sa vie (Jacobsen et al., 1998; Jarbrink et Knapp,
2000). Les traitements et les interventions intensifs pour l’autisme
sont dispendieux. Le manque de traitements ou les traitements
inefficaces le sont toutefois beaucoup plus : pour les individus
atteints que l’on empêche de réaliser leur
plein potentiel, mais aussi pour nos systèmes sociaux et
de santé.
Les poursuites judiciaires
En 2005, environ 1 600 familles canadiennes sont engagées
dans diverses poursuites judiciaires touchant l’autisme. La
Colombie-Britannique, l’Ontario et l’Alberta ont été
aux prises avec de multiples poursuites dans le passé. Parmi
les autres provinces qui font l’objet de poursuites récentes
et actuelles figurent le Québec (un très important
recours collectif), la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick
et Terre-Neuve. Dans beaucoup de provinces, des familles étudient
la possibilité d’entamer de nouvelles poursuites et
elles s’organisent dans ce but.
| L’affaire
Auton (en C.-B.)
Dans l’affaire Auton, une cour d’appel provinciale
a confirmé pour la première fois le jugement
d’une cour inférieure selon lequel les droits
garantis dans la Charte obligent une province à payer
un traitement de santé spécifique.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique a interjeté
appel de ce jugement devant la Cour suprême du Canada.
Presque tous les procureurs généraux provinciaux
et fédéraux sont intervenus dans l’affaire.
Il y a eu un nombre record de 29 intervenants – ce qui
montre clairement l’importance de la cause non seulement
pour la communauté de l’autisme, mais aussi pour
les milieux de la santé, la communauté des personnes
handicapées et les gouvernements provinciaux.
La SCA est aussi intervenue pour soutenir qu’au Canada,
toute personne a le droit d’avoir accès à
des traitements efficaces pour ses troubles médicaux.
La Cour suprême a renversé la décision
des deux cours inférieures.
Il y aura donc certainement d’autres poursuites judiciaires.
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La plupart des poursuites entamées au Canada soutiennent
qu’il est discriminatoire de refuser des traitements scientifiques
reconnus et efficaces à certains groupes (les personnes atteintes
d’un TED, les enfants atteints de plus de six ans et les personnes
atteintes de tous les âges). Comme les traitements sont dispendieux,
peu de familles ont les ressources financières nécessaires
pour obtenir un programme d’ABA. Jusqu’ici, les poursuites
et les appels ont massivement confirmé que les personnes
atteintes d’autisme devraient pouvoir bénéficier
de traitements scientifiques reconnus et efficaces sans subir de
discrimination.
Les poursuites judiciaires ont parfois été le seul
moyen d’inciter un gouvernement provincial à offrir
des traitements efficaces aux enfants atteints d’un TED. Le
problème est que les poursuites coûtent cher et qu’elles
prennent souvent des années à se régler. Peu
de familles peuvent se permettre d’entamer et de soutenir
des poursuites. Peu de familles sont capables d’endurer l’angoisse
supplémentaire que cela crée dans leur vie déjà
extrêmement stressante. Pour
en savoir plus sur les poursuites judiciaires...
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